mercredi 28 mars 2012

«Les économistes à gages sur la sellette» : un complément

L'article de Renaud Lambert (dont la lecture est fortement recommandée) « Les économistes à gages sur la sellette » publié dans Le Monde Diplomatique de Mars 2012 dénonce les conflits d'intérêts vivants que sont les économistes intervenant dans les grands médias. Ces derniers nous les présentent en effet comme des « experts » au regard de leurs titres universitaires alors qu'ils sont avant tout cadres dirigeants d'établissements bancaires, membre de conseils d'administration de grand groupes ou autre position à moralité fort limitée (ce que les journalistes qui les interrogent se gardent bien de préciser afin de laisser croire au public qu'ils ont un semblant d'objectivité et de pragmatisme).

La malhonnêteté intellectuelle de ce genre de personnages ne s'arrête pas là : je me permets de poster ici cet extrait d'interview tiré de l'article que l'on peut dispenser de tout commentaire.

Réalisateur du documentaire Inside Job, Ferguson a rencontré l’économiste Frederic Mishkin, de la Columbia Business School :

Ferguson. — En 2006, vous avez coécrit une étude du système financier islandais : « C’est un pays évolué doté d’excellentes institutions. Peu de corruption, Etat de droit, économie convertie à la libéra-lisation financière. Réglementation et surveillance prudentielles de qualité. »

Mishkin. — Là était l’erreur [en 2008, l’économie islandaise s’effondrait, ndlr]. Il est apparu que la réglementation et la surveillance prudentielles n’étaient pas satisfaisantes.

— Qu’est-ce qui vous a fait croire le contraire ?

— On s’en remet aux informations dont on dispose. Et l’opinion générale voulait que l’Islande ait d’excellentes institutions et soit très évoluée.

— Qui vous l’avait dit ? Quelles recherches aviez-vous réalisées ?

— On parle à des gens, on se fie à la banque centrale qui, finalement, n’a pas été à la hauteur.

— Pourquoi vous être fié à la banque centrale ?

— On s’en remet aux informations qu’on a.

— Ça vous a rapporté combien ?

— J’ai été payé… Le montant est public.

Mishkin a reçu 124 000 dollars [environ 95 000 euros] de la chambre de commerce islandaise pour rédiger son étude.

— Sur votre CV, le titre du rapport « Stabilité financière en Islande » a été changé en « Instabilité financière en Islande »…

— Oh… J’ignore pourquoi, mais… Il y a peut-être une coquille.

Deux comportements seraient donc à adopter de la part des « journalistes » afin de palier ce biais :

  1. Faire intervenir des économistes ne faisant pas l'objet de conflits d'intérêt (Frédéric Lordon,Paul Jorion, …). Il faut admettre qu'ils commencent à avoir (très peu) droit de cité dans les grands médias.

  2. Annoncer oralement ou afficher sur l'écran la liste des conflits d'intérêts des intervenants mais ceci aurait un impact fort : dans le cas oral, cela durerait plus longtemps que l'interview et dans le cas écrit l'écran serait parfois entièrement rempli (ce qui ne serait pas forcément néfaste car cela nous épargnerait leur sale gueule)

Personnellement je pencherais pour une méthode alternative encore plus efficace : bannir toute personne faisant l'objet de conflits d'intérêts de droit de parole en tant qu'expert. Les médias ne pourraient qu'y gagner en objectivité.

dimanche 15 janvier 2012

Russe Blanc (White Russian) : les bonnes proportions selon Fraifrai

Tout les fans de The Big Lebowski connaissent le "Russe Blanc", savoureux cocktail vodka, liqueur de café et lait (ou éventuellement crème mais là c'est un peu... violent à mon goût).

On en trouve plein de recettes différentes et j'ai recherché mes "proportions idéales" et ai fini par trouver cet agencement qui donne un résultat peu alcoolisé mais très équilibré :

  • 1 volume de liqueur de café
  • 2 volumes de vodka
  • 2 volumes de crème liquide ou de lait entier (3 si vous n'avez que du lait demi-écrémé ou écrémé sous la main)

Bonne dégustation :)

dimanche 8 janvier 2012

Nouvel arrêt du Conseil d’Etat - Nouvelle atteinte à la laïcité : Nouveau cadeau à l’enseignement catholique

Cet article a été publié dans l'AN II, mensuel de la Fédération du Rhône de la Libre Pensée.

Le Conseil d'Etat par un arrêt du 12 octobre 2011 vient de faire un nouveau cadeau à l'enseignement primaire catholique qui risque de coûter très cher au budget de beaucoup de communes.

L'arrêt rappelle qu'en application de la loi Debré, les communes contribuent aux dépenses des écoles privées sous contrat «  par référence au coût moyen d'un élève d'une classe équivalente dans les établissements de l'enseignement public, lequel doit prendre en compte les dépenses effectivement supportées par les communes pour assurer le fonctionnement de leurs écoles ».

Le Conseil d'Etat exige ainsi qu'aucune dépense ne soit écartée «  alors même qu'il ne s'agirait pas de dépenses obligatoires de la commune » et il juge que « les dépenses de la commune relatives au transport des élèves lors d'activités scolaires, à la médecine scolaire, en plus des dépenses assumées à ce titre par l'Etat, à la rémunération d'intervenants lors des séquences d'activités physiques et sportives et aux classes de découverte {...] devaient être prises en compte ».

La commune de Clermont-Ferrand se trouve condamnée en l'occurrence à verser à l'OGEC, organisme de gestion pour une seule école privée, l'école Fénelon, et pour les seules années scolaires 1997-1998 à 2000- 2001, en plus des 293 528, 04 euros déjà versés, la somme de 91 928, 20 euros, «  la somme portant intérêts et intérêts des intérêts ». Il s'agit d'une augmentation d'environ 30 % de la contribution de la commune au fonctionnement de l'école privée ! Une paille.

Combien de communes vont-elles devoir passer à la caisse ? Pour quelles sommes astronomiques ?

N'est-il pas évident que seule l'abrogation des lois anti-laïques pourra mettre fin au pillage des deniers publics au profit des écoles catholiques et aux dépens des écoles laïques ? Qu'en pensent les candidats aux prochaines élections ?

En attendant, nous pourrions enquêter auprès, au moins, des plus grosses communes du département comme celles de Lyon, Villeurbanne etc. pour estimer ce que pourrait leur coûter l'application de cet arrêt du Conseil d'Etat.

Marcel Picquier - 30 novembre 2011

Référence : Conseil d'Etat , 3ème et 8ème sous-section réunies, 12 octobre 2011, n° 325846  «  Commune de Clermont Ferrand ».

Suivi de commande en ligne : l'expérience des dinosaures ne paie pas

J'achète en ligne depuis une bonne quinzaine d'années et ai donc eu l'occasion de tester moult sites marchands. Internet a induit l'émergence de nombreuses boutiques en lignes plus ou moins fiables mais dont le suivi de commande (informations concernant la préparation et la livraison de la commande) donne des informations valides (ce qui ne veut pas dire réjouissantes...).

Les boutiques qui ont émergé avec le démocratisation du Web ne sont bien sur pas les seules à s'être positionnées sur ce créneau : les dinosaures de la VPC qui pratiquent cette dernière depuis des dizaines d'années ont également ouvert des sites de vente en ligne (on reconnaît généralement ces entreprises à leur nom profondément débile et dénué de sens : 3 suisses, Quelle, La Redoute, Vert Baudet, …).

Dans le mesure où de petites start-up ont réussi à gérer les suivis de commande, on ose imaginer que leurs ancêtres ont des processus métiers très pointus et que depuis le temps que la vente en ligne existe, ils offrent des suivis de commande de qualité. Ce n'est absolument pas le cas. La dernière aventure que j'ai vécu a eu lieu dans le cadre de l'achat de deux matelas sur le site des 3 Suisses :

  • Délai de livraison annoncé de 15 jours lors de la commande
  • Suivi de commande annonçant une livraison sous semaine
  • Appel au service client : une dame fort sympathique nous explique que la date affichée dans le suivi de commande est fausse, que ce bug est connu de longue date et qu'aucune correction n'a jamais été apporté (on imagine que ce n'est même pas prévu)

On rencontre des problèmes du même tonneau chez les concurrents historiques. Les DSI de ces entreprises traitant des milliers de commandes chaque jour sont donc soit hautement incompétents soit des connards finis.

samedi 17 décembre 2011

"The Corporation" distribué par TF1 Vidéo et recommandé par Le Figaro (non ce n'est pas une blague)

"The Corporation", réalisé par Mark Achbar et Jennifer Abbot, est un reportage dont l'objet est d'analyser la personne morale qu'est l'entreprise de ses origines à nos jours et surtout d'observer les impacts sociaux et environnementaux de ces dernières. Ce n'est bien sûr pas le premier reportage du genre, on peut citer notamment The Big One de Michael Moore mais un des angles abordé est novateur et plus que pertinent : Le fil rouge est de présenter les critères utilisés par les psychiatres (classification CIM-10 des troubles mentaux du comportement de l'OMS) pour évaluer si un patient est psychopathe ou non pour tenter de les appliquer à la personne morale qu'est l'entreprise et il s'avère que, ô surprise, cette dernière répond positivement à tout ces critères :

  • Indifférence froide envers les sentiments d'autrui
  • Incapacité à éprouver de la culpabilité ou à tirer un enseignement des expériences
  • Incapacité à maintenir des relations durables
  • Aucune préoccupation pour la sécurité d'autrui
  • Mensonges et escroqueries répétées pour son profit
  • Incapacité à respecter les normes sociales dans le respect de la loi
  • ...

Personnellement, j'ajouterai que l'entreprise est également une personne schizophrène (ou masochiste) : Le DVD français est distribué par TF1 Vidéo et recommandé par Le Figaro ("Un documentaire passionnant, édifiant, imparable."), entités qui entrent parfaitement dans ce qui est dénoncé avec force par ce reportage.

mercredi 7 décembre 2011

La Poste délaisse les particuliers sur son offre colis nationale

Voilà déjà des années que La Poste a limite l'offre Colieco aux professionnels imposant ainsi aux particuliers le Colissimo pour les envois qui ne peuvent passer en Lettre ou en Ecopli. Il faut par ailleurs savoir que tant que les dimensions et poids sont réglementaires, la législation européenne interdit aux services postaux de refuser un envoi en lettre même si le contenu est autre qu'une liasse de papier. Ceci est heureusement respecté malgré les tentatives d'intimidation qu'on peut voir au guichet : aucun souci pour envoyer en lettres des livres, DVD, matériels entrant dans une grosse enveloppe à bulle...

Les particuliers, pour les « vrais » colis se voient donc obligés, pour leurs envois en France, d'utiliser l'offre Colissimo (rapide mais très cher) alors que l'offre Colieco était parfaitement adaptée. Cette politique débile oriente les particuliers vers les relais colis divers qui proposent maintenant d'envoyer des colis entre particuliers. Le service public finira donc par en pâtir.

La situation est également ubuesque par le fait que nous sommes à un stade où envoyer un colis à l'étranger revient moins cher qu'un envoi national car l'offre de colis classique (non-Colissimo) existe toujours pour l'étranger. Le particulier paye donc moins cher son envoi de colis en Suisse ou en Belgique qu'en France. Le niveau de connerie de certains décideurs est décidément sans limite...

Côté écologie aussi cela pose problème car l'envoi rapide de type Colissimo utilise massivement des modes de transport aériens alors que les envois plus lents comme Colieco prennent plus volontiers le train.

dimanche 20 novembre 2011

Attention les exorcistes sont parmi nous

En cherchant les coordonnées à contacter pour finaliser mon débaptème, je suis tombé sur cette page dans laquelle on peut voir les coordonnées de l'exorciste officiel de l'évêché du Puy. Moyen-âge quand tu nous tiens !!!

mercredi 16 novembre 2011

Il est des commentaires qui valent un billet

Toutes mes félicitations à kaps pour son commentaire sur mon précédent billet sur la débaptisation. Un tel scoop mérite d'être mis en exergue !!! L'article complet est là

On a retrouvé JESUS

arrière-train d'un chien ressemblant à Jésus

jeudi 10 novembre 2011

Débaptème : assurer la confidentialité de la démarche

J’ai été baptisé par l'évêque du Puy-en-Velay en 1977 puis, comme beaucoup d'agnostiques et d'athés, je me suis fait débaptisé (en 2001 me concernant). La procédure est simple : un courrier envoyé :

  • à la paroisse de baptême
  • en copie à l'évêché correspondant.

C'est la CNIL garantit le droit d'accès et de modification aux fichiers et les curetons ne peuvent donc refuser cette demande. Ils y accèdent d'ailleurs systématiquement et les demandeurs reçoivent en réponse une copie de leur acte de baptême modifié.

réponse de l'évêché

On pourrait se dire à partir de là que tout va bien... mais si on regarde de plus près l'acte modifié, on constate que les apostats sont identifiables et fichés dans le registre des baptêmes ce qui a pour conséquence :

  • de maintenir notre dépendance à une règle interne à l'Église Catholique Apostolique et Romaine (en somme, au droit canon auquel un citoyen français n'est pas supposé être soumis)
  • de constituer une atteinte à notre vie privée car cette administration internationale détient des informations sur les citoyens concernés qui peuvent avoir des conséquences dramatiques en cas de changement de régime.

Copie de l'acte modifié

Un citoyen a porté plainte en ce sens et le TGI de Coutances (Manche) lui a donné raison au titre de l'article 9 du code civil (relatif au respect de la vie privée) et exige des entités concernés qu'elles surlignent à l'encre noire la fiche en question.

Je compte personnellement poursuivre ma démarche en exigeant la finalisation de la destruction de ma fiche et invite chacun à faire de même.

mercredi 9 novembre 2011

Cléricalisation de l'enseignement

L'UMP poursuit sa démarche de cléricalisation de l'éducation nationale. Dernier cadeau en date : Malgré un taux d'élèves inscrits dans l'enseignement confessionnel d'environ 20%, sur les 16 000 postes d'enseignants qui seront supprimés en 2012 par Luc Chatel, seuls 1 350 concernent l'enseignement confessionnel (soit environ 8%). Déjà, durant les dernières années sur les 66 000 emplois supprimés, 4 600 seulement ont impacté l'enseignement confessionnel.

On retrouve ici une manifestation de la volonté gouvernementale d'une part de préparer une éducation à deux vitesses en privilégiant l'enseignement privé et d'autre part de favoriser la cléricalisation du pays.

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