Dans Le Monde diplomatique de ce moi de Mars 2014, on trouve en page 18 un article de Mathile Goanec intitulé Fondations « d’utilité publique », vraiment ? qui remet en question les modalités d'attribution de ce statut permettant une forte défiscalisation des dons. Le système en lui même est assez juste dans la mesure où il permet au contribuable de flécher une partie de ses impôts vers des "causes" qui lui semblent justes à condition que l'état l'ai considérée comme étant d'utilité publique. Personnellement, j'utilise ce système pour ma cotisation syndicale (CGT), mon adhésion à la Fédération Nationale de la Libre Pensée et Agir pour l'environnement. Par contre, l'APRIL n'a toujours pas obtenu ce statut ce qui fait que j ne verse que la cotisation de base alors que je n'hésiterais pas à la décupler si elle était sujette à cette réduction d'impôt.

L'article revient sur le projet d'une députée socialiste visant à "faire le ménage au sein des fondations reconnues d’utilité publique" qui a malheureusement été rejeté dans la dernière loi de finances. Et pourtant, la poursuite de la lecture nous fait vite comprendre qu'un tel ménage serait salutaire.En effet, de nombreuses fondations bénéficiant de ce statut ont pour objet la rénovation et la construction d'établissements d'enseignement privés (confessionnels en général) ce qui induit un financement par l'impôt de ces établissements violant le principe républicain qui "devrait" être respecté "Fonds publics à l’Ecole publique, fonds privés à l’école privée ! " déjà fort amputé par la loi Debré dont la Libre Pensée réclame à juste titre l'abrogation.D'autres dérives sont dénoncées (évasion fiscale, soutien de pratiques douteuses, ...)

On regrettera toutefois que l'article ne relève pas le fait que les "grandes" religions bénéficient elles aussi de ce type de réduction d'impôt (denier du culte, ...) ce qui revient à un fléchage direct de l'impôt vers les églises en parfaite contradiction avec la loi 1905 stipulant très explicitement dans son article 2 que l'état ne reconnaît ni ne finance aucun culte.

A ce jour seul un aperçu de l'article est accessible sur le site du mensuel mais il sera vite disponible gratuitement dans sa version intégrale.